Le Forum des ruralités engagées : une première édition à l’initiative de Villages vivants, de l’Avise et du RTES

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L’économie sociale et solidaire est un acteur majeur mais méconnu des territoires ruraux. En zones rurales, l’ESS représente 17,7 % de l’emploi privé. Les emplois au sein de ses structures ont connu une croissance de 4,9 % entre 2008 et 2015 alors que l’emploi hors ESS enregistrait sur la même période une baisse de 4,1 % 4 . Surtout, ses organisations dynamisent et innovent au niveau local, et leur contribution va bien au-delà des secteurs traditionnels tels que l’action sociale et les activités agricoles. C’est pour donner à voir cette vitalité que Villages vivants (coopérative foncière solidaire), l’Avise (agence d’ingénierie de développement de l’économie sociale et solidaire) et le RTES (Réseau des collectivités territoriales pour une économie solidaire), porteurs du programme Tressons 5 , se sont unis pour concevoir un temps de rencontre des acteurs sous la forme d’un forum. Celui-ci, qui devait initialement se tenir à Valence, dans la Drôme, a pris la forme d’un forum en ligne le 29 septembre, réunissant 700 personnes.
Une vingtaine de tables rondes et d’ateliers étaient organisés en parallèle sur la journée, ce qui a permis aux participants de choisir parmi les différentes sessions, qui poursuivaient trois objectifs principaux : donner à découvrir la diversité des projets qui contribuent à redynamiser les territoires ruraux (épiceries, tiers-lieux, conciergeries de territoire, projets culturels) ; informer les porteurs de projet des différentes formes  coopératives (Scop, coopératives d’activités et d’emplois, coopératives d’installation pour une agriculture paysanne...) et des possibilités de financement et  d’accompagnement (dispositif local d’accompagnement, crowdfunding, recours à la foncière Terre de liens...) ; enfin, et surtout, montrer comment l’ESS est un levier de développement et de transition pour les territoires ruraux.

Une nouvelle génération de porteurs de projet
Au fil de la journée, les caractéristiques des projets présentés, souvent portés par une nouvelle génération d’entrepreneurs, sont apparues. La première d’entre elles est la mutualisation : mutualisation d’espaces avec les tiers-lieux ou les couveuses agricoles, par exemple, et mutualisation des services avec les conciergeries, qui font écho aux principes d’acteurs historiques comme les Cuma (coopératives d’utilisation de matériel agricole). Autre caractéristique : la pluriactivité (par exemple, épicerie, poste, cordonnerie, maga- sin de fleurs, restaurant, salle de réunion ou d’exposition...). Enfin, la coopération, la mise en réseau et la mobilisation de collectifs d’habitants sont des constantes de l’émergence et du développement de ces projets.
Cependant, si l’interconnaissance, notamment entre acteurs et collectivités, est importante pour créer de la confiance et pouvoir coopérer, ces initiatives demeurent difficiles à appréhender par les collectivités, parce qu’elles mixent des usages et des activités diverses : production de biens ou de services, mais aussi sensibilisation et animation, création de lien social, etc. Ce phénomène n’est pas spécifique au milieu rural (cette mixité des activités se retrouve souvent dans l’ESS), mais il y est sans doute accentué pour des raisons de modèle économique, et parce que les liens et interactions entre projet personnel / professionnel et projet de territoire semblent plus importants qu’ailleurs.
Comment, dès lors, mieux soutenir ces initiatives ? Sans doute convient-il de mieux informer : les réseaux d’accompagnement et de financement existent, mais demeurent encore parfois mal connus. Par exemple, en matière d’installation agricole, les porteurs de projet sont renvoyés par les collectivités vers les chambres d’agriculture, et non vers la plateforme associative « Initiatives pour une agriculture citoyenne et territoriale » (Inpact). Le rôle clef des collectivités locales Cette rencontre a également mis en évidence le soutien nécessaire des collectivités locales à la création et à la pérennisation des activités, ainsi que besoin de développer de nouvelles formes de relations entre collectivités et acteurs (coconstruction de réponses aux besoins, participation au capital de sociétés coopératives d’intérêt collectif...). La collectivité, en effet, tour à tour financeur, initiatrice de projet, partie prenante, apportant un appui en ingénierie, bénéficiaire des activités, etc., a parfois du mal à se positionner. Les témoignages ont illustré l’importance de l’interconnaissance et de la compréhension fine des enjeux et du fonctionnement des uns et des autres, ce qui passe par un dialogue inscrit dans la durée et par des outils de contractualisation adaptés – des sujets au cœur des convictions et actions du RTES.
Danièle Demoustier, économiste, grand témoin de la journée, a souligné en conclusion que le développement d’un territoire ne se réduit pas à une somme d’initiatives, aussi intéressantes soient-elles. Il nécessite un processus plus global de mise en réseau et en coopération des acteurs. Cela demande de la volonté, du côté des acteurs comme des collectivités locales, du temps et des moyens pour financer l’animation territoriale.

Anne-Laure Federici

L’intégralité du Forum : https://villagesvivants.com/forum-des-ruralites-engagees/forum-numerique/
Retrouvez les publications du programmeTressons sur le site de l’Avise (avise.org) et du RTES (rtes.fr)

(4) Source : « L’économie sociale et solidaire dans les territoires ruraux », étude Avise-RTES-CNCRESS menée dans le cadre du programme Tressons, juin 2019.
(5) Le programme Tressons (Territoires ruraux pour une économie sociale et solidaire, outils et nouvelles synergies), copiloté par l’Avise et le RTES, est soutenu par le Réseau rural national et le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader). Il a pour objectif (sur trois ans : 2018-2021) d’analyser et de renforcer l’impact de l’ESS sur les territoires ruraux.