Articles

Vous trouverez ici la liste des articles de recherche publiés depuis 1921.
L'ensemble de la publication est en accès libre, à l'exception des deux dernières années qui nécessitent d'être abonné : http://recma.org/abonnementrevue.
Les articles peuvent également être achetés à l'unité via notre boutique qui propose le téléchargement (Il suffit pour cela de cliquer sur lien de l'article, puis de suivre la procédure. Après le paiement par Paypal, le pdf de l'article sera accessible depuis votre espace utilisateur http://recma.org/user).

Nous vous rappelons que, en libre accès ou payant, l’ensemble de ces fichiers relève de la législation française et internationale sur le droit d’auteur et la propriété intellectuelle. Tous les droits de reproduction sont réservés, y compris pour les documents téléchargeables et les représentations iconographiques et photographiques. La consultation ou la réception de documents n’entraîne aucun transfert de droit de propriété intellectuelle en faveur de l’utilisateur. Ce dernier s’engage à ne pas rediffuser ou à reproduire les données fournies autrement que pour son usage personnel et privé conforme aux dispositions du Code de la propriété intellectuelle.

Actualité et dépassement du « Manifeste »

Une introduction au texte de Charles Gide, 1921, « Le Manifeste coopératif des intellectuels et universitaires français », REC, n° 1, p. 7-14.

Dans ce manifeste, Charles Gide présente sa vision de la coopération. Selon le cofondateur de la Revue des études coopératives, la coopération peut offrir un programme général de reconstruction sociale. Les coopératives sont des « laboratoires d’expérimentation sociale », ainsi que les nommait Jean Jaurès. Plutôt qu’un programme, ce sont des « orientations » qui peuvent être données, en raison même du fait que la coopération est un « mouvement ». Gide souligne ici la singularité économique majeure des coopératives : elles montrent que ni le profit ni la concurrence, que l’économie politique considère comme inéluctables, ne sont indispensables au succès d’une entreprise. Ces coopératives, ce sont celles de consommateurs. Alors que les producteurs sont « nécessairement préoccupés par des intérêts professionnels et corporatistes », les consommateurs « ne peuvent avoir d’autres intérêts que ceux de tout le monde. Ces coopératives de consommateurs ont donc qualité pour devenir des organes de l’intérêt public, allégeant ainsi le rôle de l’État, qui s’est montré tout à fait au-dessous de sa tâche, tout au moins dans l’ordre économique ».

 

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Jean-François Draperi

Le consommateur, clé de voûte d’un nouvel ordre économique et politique

Une introduction au texte de Bernard Lavergne, 1936, « La rénovation des sciences sociales et de l’ordre économique par l’idée du consommateur », REC n°58 (1), p. 97-120.


Bernard Lavergne (1884-1975) est l’une des chevilles ouvrières du mouvement coopératif français au XX e siècle, et plus encore de la Revue des études coopératives (REC). Des années 1910 aux années 1960, on le retrouve dans toutes les grandes initiatives. Économiste, agrégé en droit, il fut professeur dans plusieurs universités
avant d’intégrer la chaire de coopération à l’université de Paris après la Deuxième Guerre mondiale. Il fut l’un des fondateurs de la REC et la dirigea jusqu’en 1960, soit pendant plus d’un tiers de son existence.

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Maryline Filippi, David Hiez

Coopération et syndicalisme : le trépied FNCC, CGT et SFIO durant l’entre-deux-guerres

Une introduction au texte d’Ernest Poisson, 1936, « L’application des contrats collectifs entre organisations coopératives et leurs personnels », Recma, n° 58 (1), p.144-153.

Ce texte d’Ernest Poisson sur la nature des contrats collectifs signés entre les sociétés coopératives et leur personnel est remarquable à plus d’un titre. Rappelons tout d’abord le thème dont il traite : les positions que doit prendre le personnel des sociétés coopératives en cas de grève. Soulignons ensuite qu’il approfondit une question déjà abordée par une composante du mouvement coopératif. En effet, en 1921, la Chambre consultative des associations ouvrières de production avait signé un accord avec la CGT confédérée, stipulant que les coopérateurs, sans être tenus de faire grève en cas d’action syndicale, devaient verser une partie de leur salaire au fonds de grève. Les coopératives étaient également tenues d’appliquer rétrospectivement les revendications obtenues et de respecter le monopole syndical d’embauche. Ce que propose Ernest Poisson en 1936 s’inscrit dans cette démarche.

 

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Michel Dreyfus

Vers un concept unitaire du secteur coopératif

Une introduction au texte de Georges Fauquet, 1935, « Rapport sur le secteur coopératif. Essai sur la place de l’homme dans les institutions coopératives et sur la place de celles-ci dans l’économie », REC n° 54(1), p. 82-167 (p. 82-98 pour l’extrait publié).

Georges Fauquet (1873-1953), médecin de formation, coopérateur dès son plus jeune âge, est nommé inspecteur du travail en 1905, contrôleur des retraites ouvrières et paysannes en 1911, puis sous-directeur des Assurances sociales et du Travail en Alsace en 1919. En 1920, il est appelé au Bureau international du travail (BIT) par Albert Thomas, en tant que chef du bureau sur la Coopération, poste qu’il occupera pendant treize ans. À ce titre, il a été un observateur attentif des mouvements coopératifs dans différents pays, en s’appuyant sur les méthodes inductives héritées de ses études médicales. Il revisite donc les doctrines coopératives (celles de Charles Gide et de Bernard Lavergne, notamment) au regard du contexte du début du XX e siècle.

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Danièle Demoustier

Démocratie libérale, régime autocratique ou pays en développement : trois contextes pour la coopération

Une introduction au texte de Diva Benevides Pinho, 1963, « La coopération en régime capitaliste et en régime socialiste », REC, n° 131(1), p. 37-47.

De 1952 à 1953, Diva Pinho a suivi le cours de Bernard Lavergne sur les institutions et les doctrines coopératives à la faculté de droit de Paris. Sans doute a-t-elle pu assister aux cours d’économie politique de Raymond Barre, d’André Marchal (systèmes et structures économiques), de M. Niveau (histoire de la pensée économique) et de Maurice Duverger (institutions politiques et droit constitutionnel). Ceci explique l’approche strictement juridique et institutionnelle de son article autour des trois mots-clés qui le structurent – coopération, régime capitaliste et régime socialiste – et qui lui permettent d’estimer qu’a priori « les institutions étatiques des pays socialistes (révolutionnaires) sont les plus adaptées au projet d’un coopérativisme intégral ». Mais sous réserve d’un inventaire minutieux des textes constitutionnels et de la modification éventuelle de « la partie proprement doctrinale du coopérativisme ».

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Maurice Parodi

Dynamiser les pratiques coopératives au Sud

Une introduction au texte d’Henri Desroche, 1986, « “L’autobiographie raisonnée” comme autoformation », Recma, n° 18(2) p. 70-78.

Cette contribution d’Henri Desroche est la reproduction partielle d’un article qu’il a précédemment publié dans les Archives de Sciences sociales de la coopération et du développement. Il s’agit d’un texte très concret, décrivant la pratique d’un entretien et présentant un bref récit de vie et un plan de mémoire à venir. Son contenu détonne dans les publications habituelles de la Revue des études coopératives (REC), fondée et animée par des économistes et des universitaires. Quel intérêt la REC avait-elle à publier un texte aussi peu conceptualisé et dont l’objet ne semble avoir qu’un lointain rapport avec les coopératives ?
Cette introduction entend montrer que ce texte, quoique peu universitaire, a une portée universelle qui intéresse de très près le mouvement coopératif international. Pour comprendre son importance, il faut préciser les conditions dans lesquelles il a été conçu.

 

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Jean-François Draperi

L’économie sociale à la croisée de ses relations avec l’Etat

Une introduction au texte de Claude Vienney, 1985, « L’organisation coopérative comme instrument de politique économique », REC, n° 16(1), p. 55-64.

Au 4 e trimestre de 1985, la Revue des études coopératives, devenue depuis la Recma, publie un dossier sur « l’économie sociale dans la nouvelle donne de l’économie ». On y trouve, aux côtés des articles d’André Piatier (« Y a-t-il de nouveaux champs pour la coopération ? »), de François Sellier (« Une forme d’économie collective : l’association »), d’Albert Pasquier (« L’osmose de l’économique et de l’“autre domaine” »), de Jean Lacroix (« L’économie sociale sans profondeur ») et d’Antoine Antoni (« Pour une réflexion sur l’économie sociale »), celui de Claude Vienney intitulé « L’organisation coopérative comme instrument de politique économique ».
Commenter ce dernier texte à l’occasion de ce numéro spécial célébrant le 100 e anniversaire de la Recma est un privilège impossible à refuser, qui incite à l’humilité. En effet, Claude Vienney a eu une influence considérable. Dans la sphère de la socio-économie, il a développé un « dispositif d’analyse » (comme il le disait avec modestie) des activités, des agents et de leurs règles, dont la portée théorique a été et demeure remarquable.

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Marie-Claire Malo, Annie Camus

Des dynamiques nouvelles en réponse au risque de la banalisation

Une introduction au texte de Jacques Moreau, 1991, « De la banalisation de l’économie sociale », Recma, n° 37(1), p. 8-11.

À la fin des années 1980, le grand mouvement de libéralisation de l’économie est en marche, et cette évolution – souhaitée par les uns et crainte par les autres – prend à revers l’ESS, dont les entreprises ont tendance à se focaliser sur les produits et les services au détriment du fonctionnement coopératif (sociétariat et démocratie coopérative). Comme si la standardisation des conditions de production des biens et des services devait nécessairement entraîner une banalisation des coopératives ou des mutuelles.

La tribune de Jacques Moreau (citant la position d’Étienne Pflimlin, alors président du Crédit mutuel, qui explique comment son organisation incarne « l’anti-banalisation ») rappelle fort opportunément que la thématique de la banalisation fait partie des controverses qui jalonnent l’existence de l’ESS, dès lors que les entreprises de ce secteur s’adaptent aux marchés dans lesquels elles opèrent.

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Chantal Chomel

Questionner le concept d’économie sociale et l’entreprise de l’ESS

Une introduction au texte d’André Chomel, 1990, « La problématique émergence de l’entreprise d’économie sociale au XIX e siècle », Recma, n° 33, p.28-32.

Élément d’un dossier intitulé « Du contrat participatif », ce court texte d’André Chomel 1 est intéressant à plus d’un titre. Rappelons tout d’abord qu’il paraît au moment où l’on s’apprête à fêter le dixième anniversaire de la Charte de l’économie sociale du CNLAMCA (1980), premier document institutionnel tangible accompagnant en France le renouveau du concept d’économie sociale après une longue éclipse de plusieurs décennies. 1989 est également l’année où la Revue des études coopératives étend son périmètre au-delà des coopératives et devient la Recma.

L’intitulé « économie sociale » apparaît en 1990 sur la couverture de la revue, qui se présente en 1995 comme la « revue internationale de l’économie sociale ». L’économie sociale se reconstruit en France depuis les années 1970, et l’évolution de la revue s’inscrit dans ce contexte, de même qu’elle reflète le déclin des coopératives de consommateurs, qui en ont été le principal acteur depuis sa création en 1921.

 

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Eric Bidet

Vers de nouvelles formes d’ancrage de l’économie sociale et solidaire au sein des universités françaises

Cet article dresse un état des lieux des initiatives d’économie sociale et solidaire (ESS) au sein des universités françaises, qui peuvent être portées par des enseignants, des étudiants ou encore des services de l’université. Apparues au début du XXe siècle, ces initiatives dépassent les seules vocations d’enseignement et de recherche, et s’inscrivent dans des logiques militantes d’enseignants ou d’étudiants, ainsi que dans une perspective de transformation de la place de l’Université dans la société. Ce panorama est prolongé par l’étude d’une coopérative étudiante éphémère, Coop’en 8, portée par le service « insertion » de l’université Paris-8, illustrant une évolution majeure dans la manière dont l’Université française accueille de plus en plus souvent l’ESS en l’inscrivant dans ses missions.

 

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Élodie Ros, Lamia Bouadi, Carole Brunet

Le quadrilatère de Desroche appliqué à l’entreprise d’ESS : nouvel exercice de géométrie coopérative

Le quadrilatère de Desroche, avec ses quatre angles symbolisant les populations de managers, de l’administration (conseil d’administration), des employés et des sociétaires, a été formalisé en 1976 pour expliciter le fonctionnement spécifique de la coopérative et sa dynamique interne. Cet article montre comment ces catégories de population mais aussi les projets et les fonctions internes peuvent concourir à l’équilibre démocratique d’une structure. En prenant appui sur des observations réalisées au sein d’une soixantaine de coopératives et d’associations loi 1901, l’auteur propose une lecture des dysfonctionnements de l’entreprise d’économie sociale et solidaire contemporaine, en présentant les quadrilatères pathologiques que l’on retrouve parfois dans certaines associations, Scop, CAE ou Scic, mais aussi les voies pour retrouver le quadrilatère d’origine et son équilibre.

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Yves Cariou

Financement public des associations et écart salarial entre hommes et femmes : nouvelles perspectives pour l’égalité professionnelle ?

Cet article examine la relation susceptible d’exister entre le financement d’origine publique perçu par les associations et l’écart de salaire entre les hommes et les femmes qui y travaillent. À cette fin, les auteurs apparient deux bases de données, l’enquête de l’Insee « Associations 2014 » qui présente la situation de ces organisations en 2013 et les Déclarations annuelles de données sociales (DADS) de la même année. Les résultats obtenus montrent que, dans plusieurs cas, une part plus importante de ressources en provenance des fonds publics est accompagnée d’un écart de salaire plus faible entre les deux sexes. A l’heure où les pouvoirs publics ont la possibilité d’inclure des clauses sociales dans les marchés publics, cette recherche ouvre des perspectives nouvelles en matière d’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes.

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Lionel Prouteau, Viviane Tchernonog

Gouvernance d’une association villageoise d’épargne et de crédit : entre intentionnalité et spécificité

Cet article traite de la gouvernance des associations villageoises d’épargne et de crédit (Avec), à partir de l’étude d’une structure de ce type située au nord du Bénin. L’auteure s’intéresse particulièrement aux mécanismes de contrôle en présence ainsi qu’à leurs interactions. Elle s’appuie pour cela sur la grille de lecture de Charreaux (1997) adaptée aux associations, avec une approche orientée sur les parties prenantes empruntant les principes et les valeurs de la coopération des théories du contrat psychologique et social. L’analyse montre que les mécanismes spontanés et spécifiques (confiance, pression par les pairs, etc.) sont les plus importants. Ces associations sont non seulement des alternatives viables, mais aussi des catalyseurs pour le renforcement du capital social, le leadership des femmes et le développement communautaire économique et social.

 

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Djaoudath Alidou

Les relations dialectiques entre l’entrepreneuriat social et l’ESS au Maroc

Le développement de l’entrepreneuriat social, dans son acception dominante d’origine anglo-saxonne (social entrepreneurship), divise parmi ceux qui  défendent une pluralité des formes d’entreprendre : peut-il (re)dynamiser le secteur de l’ESS, ou bien s’agit-il d’une énième réinvention du capitalisme ? De telles positions gagnent à être étayées par des analyses contextualisées, ce que l’auteur réalise dans cet article à partir d’une enquête conduite au Maroc dans les années 2010, montrant que l’entrepreneuriat social y a d’emblée été bien plus proche du modèle porté par la start-up que de celui de l’entreprise sociale. Les « entrepreneurs sociaux » marocains témoignent ainsi d’une vision peu critique du capitalisme, bien que la recherche d’utilité sociale soit au cœur de leur engagement. Si, paradoxalement, cela participe à la marginalisation des structures de l’ESS, cet attrait pour le « social » pourrait être favorable à l’émergence de pratiques plus solidaires.

 

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Quentin Chapus

Le mouvement d’éducation populaire entre innovation sociale et innovation financière : l’exemple des fédérations de centres sociaux

La mise en place de normes et de procédures européennes au sein du secteur social et l’arrivée de nouveaux acteurs associatifs en France – fonctionnant sur un modèle de start-up pour intervenir dans le domaine du social – soulèvent plusieurs questions relatives à l’avenir de plus de deux mille centres sociaux français. Ces derniers sont des structures de proximité, reconnues d’utilité publique, proposant des activités sociales, éducatives, culturelles, familiales, répondant aux besoins des habitants, dans une démarche d’éducation populaire et d’animation du territoire.
Mais, depuis l’adoption en 1986 de l’Acte unique européen et la libéralisation de la partie économique des services sociaux des pays membres, la conception de l’intervention sociale est transformée via des notions de productivité, de rentabilité et de modernisation. Nous appellerons ce processus l’« européanisation », qui remet en cause l’organisation traditionnelle des services publics tout en  transformant progressivement une mission d’intérêt général en « problème à résoudre » (Vezinat, 2019). Ainsi, les minima sociaux coûteraient « un “pognon de dingue” et seraient inefficaces » pour lutter contre la pauvreté, le chômage, le déficit budgétaire et la dette publique. Ce paradigme emprunte en partie un langage et des comportements pratiques issus de l’entreprise et du New Public Management (Bezes, 2012)

 

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
André Decamp

Limiter le gâchis humain dans les petites structures employeuses L’exemple de la commission paritaire employeurs-salariés de la Confédération paysanne

Le monde associatif employeur est caractérisé par un très grand nombre de petites et très petites structures employeuses. Parmi les 159 000 « entreprises  associatives » (Marchal, 1992 ; Hély, 2009) que compte la France, 73,7 % emploient moins de dix personnes. Si ces structures ne rassemblent que 10,3 % de l’emploi associatif, cela représente tout de même environ 190 000 personnes (sur un total d’1,85 million). Or, lorsqu’un conflit du travail éclate dans ces structures, employeurs comme salariés sont peu outillés pour y faire face.
Isolés dans leur structure, les salariés sont souvent éloignés des syndicats, très peu implantés dans les petites structures employeuses, qui pourraient les  aider à se défendre. Ils n’ont pas plus la possibilité de bénéficier d’une médiation en présence d’un délégué du personnel : la loi n’en prévoit pas dans les  entreprises (associatives ou lucratives) employant moins de dix personnes. Les salariés se retrouvent seuls face à l’employeur. L’inverse est  également vrai : les employeurs sont, eux aussi, rarement accompagnés, par un syndicat patronal ou des personnes compétentes, et peu formés pour gérer ces conflits. Résultat, la situation débouche souvent sur le départ du salarié concerné  (Borisova et Rey, 2014), sans que tout ait été tenté pour résoudre la situation.
Si les conflits sociaux sont inhérents au monde du travail, il est tout de même possible de limiter le gâchis humain qui en résulte. Pour cela, les petites structures employeuses peuvent s’inspirer des plus grandes et mettre en place un nécessaire « dialogue social » sur les conditions et l’organisation du travail, réaliser des médiations pour résoudre les conflits quand c’est possible.

 

 

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Simon Cottin-Marx

Trois « utopies réelles » d’hier aussi ambitieuses que concrètes : Buchez, Gide et Bourgeois

Ce texte porte sur les alternatives développées au XIXe siècle et au début du XXe par des auteurs, Philippe Buchez, Charles Gide et Léon Bourgeois, dont les travaux font référence dans le domaine de l’économie sociale et solidaire. Ces alternatives sont fréquemment qualifiées d’utopiques par leurs adversaires. Pourtant, si elles visent l’avènement d’une nouvelle société, elles s’accompagnent également de mesures très concrètes. L’association ou la coopérative constituent la composante centrale de ces alternatives. Cet article en propose une évaluation comparative en identifiant notamment leurs différences.

Numéro de revue: 
359
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Hervé Defalvard, Cyrille Ferraton

Confrontée à un État social néolibéral, l’ESS est-elle en mesure de proposer des voies alternatives ?

Les voies alternatives ouvertes par l’économie sociale et solidaire (ESS) sont questionnées à la lumière de la transformation de l’État social français sous l’effet du néolibéralisme. Identifié dans ses fondements politiques à la « gouvernementalité », à l’« entrepreneurialité » et au « managérialisme », l’État social néolibéral promeut un ensemble de normes institutionnelles affectant l’ESS, qui tend à évoluer vers une économie sociale d’entreprise. Ce mouvement normatif qui touche aux valeurs, aux principes et aux structures de l’ESS permet-il d’envisager des alternatives ? Selon les auteurs, des ferments de pratiques alternatives sont observables en marge des institutions publiques. Parallèlement, des regroupements territorialisés semblent constituer une autre trajectoire alternative, cette fois-ci en lien étroit avec l’action publique.

 

Numéro de revue: 
359
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Laurent Gardin, Patrick Gianfaldoni

Magasins gratuits : vers la fondation d’un nouvel imaginaire économique

Cet article analyse les pratiques de réemploi et de partage au sein des magasins gratuits qui proposent un modèle de sortie de la transaction marchande par la gratuité des biens mis à disposition. Ces expériences sont confrontées à la prégnance de l’imaginaire marchand, qui articule le « sophisme économiciste » dénoncé par Polanyi – assimilant toutes les pratiques d’échange à un échange marchand – et une compréhension étriquée du don conduisant à sa forme jugée problématique par Mauss : le don-charité. Les auteurs montrent comment la force de l’imaginaire marchand conduit à des usages et à des pratiques différentiés, parfois en contradiction avec les objectifs politiques de ces expérimentations citoyennes. Ils soulignent la nécessité d’un travail institutionnel pour soutenir l’invention d’un imaginaire alternatif rendant possible ce mode alternatif de circulation-partage des biens.

Numéro de revue: 
359
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Elisabetta Bucolo, Vincent Lhuillier

Le délibéralisme, une alternative écologique au capitalisme

L’ESS est un ensemble d’innovations sociales diverses, dont beaucoup reposent sur des principes d’action qui ne sont pas ceux du capitalisme. Étudier ces initiatives et chercher à assembler leurs principes de fonctionnement permet aux auteurs d’élaborer un paradigme alternatif qu’ils nomment « délibéralisme » - un terme qui marque la nécessité de se défaire du libéralisme pour entrer dans la délibération. Pour illustrer leur démarche, les auteurs décrivent dans un premier temps les réponses concrètes des initiatives d’ESS à un problème écologique clé : la marchandisation du temps. Dans un deuxième temps, ils élargissent de manière théorique ces exemples empiriques afin de proposer un paradigme alternatif plus radical et écologique, voie de sortie du capitalisme.

Numéro de revue: 
359
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Éric Dacheux, Daniel Goujon

L’impact de la directive européenne Solvabilité II sur la gouvernance des sociétés d’assurance mutuelles françaises

Cette recherche vise à caractériser l’impact de la mise en place du cadre législatif imposé par la transcription en droit français de la directive européenne Solvabilité II sur la gouvernance des sociétés d’assurance mutuelles. Appuyée sur l’étude de trois cas de mutuelles considérées comme majeures en France, l’article montre comment ces organisations adaptent le modèle de gouvernance édicté par Solvabilité II à celui issu des valeurs mutualistes. Elle met notamment en évidence les spécificités revendiquées par leurs dirigeants en la matière et questionne la place donnée à la rémunération de ces derniers comme mécanisme de gouvernance au sein des mutuelles. Enfin, elle souligne le rôle important joué par les autorités chargées de la transcription, du suivi  et du contrôle dans la mise en place de la directive européenne.

 

Numéro de revue: 
359
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Hubert Séran

Création de valeur au sein des institutions de microfinance de l’UEMOA : l’impact des parties prenantes

Les institutions de microfinance (IMF) ont pour objet de prêter de l’argent aux populations qui ne disposent pas de moyens suffisants pour accéder au système bancaire formel. Ces IMF regroupent plusieurs acteurs susceptibles de poursuivre des objectifs et des intérêts différents, voire conflictuels, ce qui peut être source d’inefficience. Cet article s’intéresse à l’impact des parties prenantes des IMF sur la richesse créée en leur sein dans les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). L’auteur montre que, si le volume des crédits accordés aux clients et la qualité de l’indice de macro-gouvernance de chaque pays ont une influence positive sur la richesse créée par les IMF, les résultats sont plus mitigés en ce qui concerne l’impact des apports des propriétaires ou des sociétaires, ainsi que des subventions publiques. Dans tous les cas, les épargnants, les prêteurs et la clientèle féminine n’ont aucune influence significative sur la création de valeur de ces IMF.

Numéro de revue: 
359
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Mamadou Ndione

Quelles évolutions de la raison d’être des coopératives agricoles françaises ? Regard historique sur un construit social

Cet article propose une mise en perspective historique des évolutions de la raison d’être des coopératives agricoles françaises. Les auteurs montrent que celles-ci, au fil de leur histoire, ont transformé leurs missions et services essentiels en fonction des attentes et des défis qui s’exprimaient dans leur environnement socio-économique. Ils détaillent également les principales ruptures, dans la conception de cette raison d’être, qui jalonnent le parcours de la coopération agricole française et conduisent aux tensions et remises en question contemporaines. En montrant comment s’organisele travail de définition de la raison d’être, cet article apporte un éclairage original sur l’émergence, avec l’épidémie de Covid-19, de nouveaux défis agricoles et alimentaires qui questionnent à nouveau les services et missions de base des coopératives agricoles.

 

Numéro de revue: 
358
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Bertrand Valiorgue, Emilie Bourlier-Bargues, Xavier Hollandts

La résilience de l’écosystème des monnaies locales en France face à la transition numérique

En moins de dix ans, les monnaies locales complémentaires se sont multipliées en France et un écosystème dynamique s’est constitué. Alors que la quasi-totalité d’entre elles se sont développées avec la mise en circulation de monnaie papier, on observe aujourd’hui un passage accéléré vers la forme numérique. L’article précise les enjeux de cette transition et discute les relations de concurrence/complémentarité entre monnaies locales et cryptomonnaies dans le contexte français, marqué depuis quelques années par l’irruption des acteurs de la FinTech. En dépit d’une logique de rendement croissant induit par l’adoption de solutions technologiques qui ne sont pas neutres, l’écosystème des monnaies locales en France s’avère être suffisamment résilient pour surmonter les risques liés à l’intervention de ces acteurs extérieurs animés par une logique financière.

 

Numéro de revue: 
358
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Yannick Lung, Matthieu Montalban

Facteurs d’implantation de l’ESS dans les territoires : proposition pour une nouvelle modélisation

En France, de nombreux travaux permettent de mesurer le poids de l’économie sociale et solidaire (ESS) à différentes échelles territoriales. Ils sont issus de deux  traditions : l’une fondée sur des statistiques descriptives (s’appuyant sur un périmètre de l’ESS et une méthodologie quantitative stabilisée), l’autre basée sur des données qualitatives afin de mieux comprendre les facteurs explicatifs de ce poids (historiques, géographiques, socio-économiques, etc.). Les défis méthodologiques
posés par l’étude du poids et surtout du rôle de l’ESS dans le développement territorial persistent, et les travaux sur les facteurs d’implantation géographique des organisations de l’ESS restent à approfondir. Cet article propose un modèle statistique permettant d’étudier ces relations entre caractéristiques socio-économiques d’un territoire et implantation de l’ESS.

 

Numéro de revue: 
358
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Amélie Artis, Benjamin Roger, Damien Rousselière