Maroc

Les relations dialectiques entre l’entrepreneuriat social et l’ESS au Maroc

Le développement de l’entrepreneuriat social, dans son acception dominante d’origine anglo-saxonne (social entrepreneurship), divise parmi ceux qui  défendent une pluralité des formes d’entreprendre : peut-il (re)dynamiser le secteur de l’ESS, ou bien s’agit-il d’une énième réinvention du capitalisme ? De telles positions gagnent à être étayées par des analyses contextualisées, ce que l’auteur réalise dans cet article à partir d’une enquête conduite au Maroc dans les années 2010, montrant que l’entrepreneuriat social y a d’emblée été bien plus proche du modèle porté par la start-up que de celui de l’entreprise sociale. Les « entrepreneurs sociaux » marocains témoignent ainsi d’une vision peu critique du capitalisme, bien que la recherche d’utilité sociale soit au cœur de leur engagement. Si, paradoxalement, cela participe à la marginalisation des structures de l’ESS, cet attrait pour le « social » pourrait être favorable à l’émergence de pratiques plus solidaires.

 

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Quentin Chapus

Les inégalités de pouvoir au sein des coopératives de femmes au Maroc

Cette étude s’appuie sur une enquête qualitative réalisée auprès d’une quarantaine de femmes membres d’une dizaine de coopératives au Maroc. À partir d’une perspective sociologique, l’auteur analyse la régression de l’esprit solidaire au sein des coopératives féminines et montre comment les tensions entre esprit coopératif et utilitarisme peuvent influer sur le partage du pouvoir. Confrontées à la pression du marché, les coopératives sont amenées à choisir des dirigeantes disposant d’un capital culturel, relationnel et économique qui facilite le développement de leurs compétences. Puis l’investissement de ces dirigeantes et les efforts qu’elles déploient pour gérer la coopérative tendent à légitimer le renforcement de leur pouvoir au sein de la structure et à servir leur intérêt personnel plutôt que l’intérêt collectif.

 

Numéro de revue: 
358
Année de publication: 
2020
Auteur(s): 
Saâdeddine Igamane

Les Dialogues de la Recma consacrés à la microfinance au Maroc

Le 23 janvier, c’est autour d’Asmae Diani, professeure à l’université Sidi Mohamed Ben Abdellas de Fès et auteure de l’article « Logique d’acteurs et régulation dans le champ de la microfinance au Maroc : vers une commercialisation croissante » paru dans le dossier L’ESS au Maghreb du numéro 354 de la revue, que se sont déroulés les Dialogues de la Recma. L’événement était organisé à Paris, à la Confédération nationale du Crédit mutuel, et a permis de mieux découvrir plusieurs aspects de la microfinance marocaine.

Diversité et potentialités de l’ESS au Maghreb dans un contexte de transition

Depuis les Printemps arabes, la Recma s’est fait l’écho du dynamisme de l’économie sociale et solidaire au Maroc, en Algérie et en Tunisie au travers de plusieurs articles (M. Jaad et E. Erraoui, « Tissu associatif et cohésion sociale au Maroc : le cas de la province de Taroudant », Recma n° 333, 2014 ; M.-A. Zoreli, « La régulation solidaire en Kabylie : l’exemple du village de Tifilkout », Recma n° 339, 2015 ; A.

Logique d’acteurs et régulation dans le champ de la microfinance marocaine : vers une commercialisation croissante

En microfinance, deux logiques se confrontent et parfois se conjuguent. Une logique plaçant les équilibres financiers, voire la profitabilité, au centre des préoccupations des institutions de microfinance, et une logique de solidarité privilégiant la mission sociale de lutte contre la pauvreté. Cet article étudie les évolutions récentes de la microfinance marocaine, orchestrées par les grandes institutions du secteur et menées par les pouvoirs publics, pour montrer qu’elles consacrent une orientation de plus en plus commerciale. L’analyse de ces évolutions permet de révéler les enjeux et les logiques qui animent les acteurs formant le champ de la microfinance au Maroc.

Numéro de revue: 
354
Année de publication: 
2019
Auteur(s): 
Asmae Diani

Structures coopératives et valorisation économique de la biodiversité : cas de la filière d’huile d’argan au Maroc

Cet article analyse l’efficacité des structures coopératives en matière de développement local mais aussi en matière de préservation de la biodiversité et de valorisation économique de celle-ci. A travers une étude menée au sein de la forêt d’arganiers au sud-ouest marocain, l’auteur illustre comment la production  archaïque de l’huile d’argan et sa commercialisation informelle limitent les rendements et les bénéfices qui en découlent, maintiennent la persistance de la   pauvreté et favorisent la pression sur la ressource naturelle. Le groupement de femmes productrices en coopératives permet d’améliorer la qualité du produit, de préserver la ressource, mais également de structurer la fi lière et de lui apporter une reconnaissance institutionnelle qui valorise le produit fi ni sur le marché formel national et international.

 

Numéro de revue: 
346
Année de publication: 
2017
Auteur(s): 
Adil Roumane